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Notre lettre N°21

¡Hola!

« Cycle des Films de Dominique Abel »
Vendredi 15 juin à 20h30 : Agujetas Cantaor

Lieu : Amphithéâtre de la Faculté libre de théologie Protestante de Paris
83 Bd. Arago 75014 Paris. Métro Denfert-Rochereau ou Saint-Jacques.

« Attention : chef d’œuvre
S’il ne doit rester qu’un document sur le flamenco, quand cette civilisation aura disparu, que ce soit celui-ci »
Francis Marmande – Le Monde Nov.99

Le film Agujetas Cantaor présenté par Dominique Abel

Il s’agit d’un portrait cinématographique du cantaor « Manuel de los Santos Pastores “Agujetas de Jerez ». Un portrait partiel : on ne peut dévoiler que ce que la personne, dans son cas presque le «personnage», veut. Sans le respect et la confiance, rien n’est possible. L’un comme l’autre doivent évidemment être réciproques, sans cela pas de film possible à mes yeux.
Ils l’étaient. La connaissance de l’autre aussi, véritable, est la condition première pour arriver à quelque chose qui ait de la valeur. De mon coté -derrière la caméra, il s’agit de choisir ce que je veux donner à connaitre: dans ce cas, ce que je considérais de plus intéressant, remarquable, authentique et profond; tout sauf les provocations faciles qui lui sont coutumières. Son insolite et impressionnant «théâtre» personnel, qu’il s’est forgé lui même avec les années, est plus que suffisant.
Un portrait pensé depuis le début en noir et blanc et sur pellicule : je n’imaginais pas le filmer autrement. Le noir et blanc concentre et épure à la fois, il concentre sur le visage et les yeux, sur le regard. Dans le cas de Manuel, ils sont si éloquents sur lui, sur sa vie qu’il veut à peine dévoiler. Ça tombe bien, le cinéma est un langage propre qui parle autrement qu’avec des mots (sauf ceux qui comptent) -sinon ça n’est plus du cinéma pour moi, encore moins s’il s’y glisse le moindre didactisme.
Un portrait âpre comme lui, rigoureux et sobre. Le grain de la pellicule est comme celui de la terre d’où vient son cante : il fallait qu’il sonne avec toutes ses aspérités. Un portrait pensé avec des paysages dans la tête, ensuite, il ne restait qu’à les trouver: ils n’étaient pas nés de mon imagination mais de ma mémoire visuelle, de leur impact «inexorable» comme dit «Platero» qui apporte tant au film.
Un portrait pensé ainsi: un personnage, un lieu, rien de plus. Puis très vite une autre nécessité: celle de le filmer quand il chante en public, nécessaire aussi de montrer comment le public reçoit son cante. Quel public et où ? Dans quel lieu ? Un théâtre à Madrid, au Japon, à Paris ? Non une peña proche de chez lui, de sa terre, parce qu’il n’y a pas de public qui puisse sentir et se délecter autant de son chant.
Un traitement narratif simple après une présentation éloquente : il chante tout en marchant dans la campagne, ce qu’il préfère à tout. Moitié terre, moitié ciel, et là, arrête-toi, laisse-nous découvrir ton regard qui, bien vite, s’inquiète. Le récit suit les différents palos qui sont «les siens», mais pas seulement ceux du cante, non! Qu’il nous fasse découvrir sa maison construite de ses mains, sa forge, son potager, sa manière de voir la vie et le monde. Qu’il nous parle. Les questions devaient être posées de manière à pouvoir être enlevées ensuite. Un portrait historique, dans le sens de son histoire : combien lui a couté de se décider à devenir professionnel, la beauté de ce doute. De l’homme timide d’alors à celui d’aujourd’hui... Et arriver au plus difficile: l’asseoir face à un poste de télévision qui retransmet une émission du passé, le découvrir et l’écouter en même temps que lui. Recueillir ses réactions en direct sur des images de lui-même ; celui d’hier ne peut faire de l’ombre à celui d’aujourd’hui : il va dire qu’il chante mieux aujourd’hui. S’il m’est arrivé de parler de fiction documentaire, c’est dans le sens d’une narration en équilibre entre réalité et lyrisme, en reconstituant les éléments vitaux et quotidiens afin qu’ils nous transmettent l'atmosphère originale et authentique de sa vie et son monde.
Dominique Abel
Une participation de soutien, au minimum de 5 euros, vous sera demandée ; celle-ci pour aider activement à la production du tournage de « Preciosa y el Aire ». Un des objectifs de ces projections, est d’informer au sujet de la souscription « Crowdfounding » qu’elle a lancée à hauteur de 30 000 euros avec l'aide du Polygone étoilé, Association de cinéastes qui soutiennent le cinéma  indépendant qui est chaque fois plus en péril…  Et qui s'achève le 22 juin 2012. Si vous souhaitez en savoir plus et partager cette démarche :
http://www.polygone-etoile.com/__sacre/Abel.html ou
http://www.lanzanos.com/proyectos/preciosa-y-el-aire/

Nous vous y attendons nombreux !

           Laurent Milhoud
l.milhoud@casaplanete.com

« Cycle des Films de Dominique Abel »
3 films, 3 vendredi, une échéance ….ce mois de juin à Paris, une occasion unique de découvrir (même les DVD sont épuisés), pour tous ceux qui n’ont pu le faire, les 3 films de Dominique Abel ou de les revoir.

  • Vendredi 15 juin à 20h30 : Agujetas Cantaor
  • Vendredi 22 juin à 20h30 : Poligono Sur
  • Vendredi 29 juin à 20h30 : En nombre del Padre -  Aube à Grenade

Lieu : Amphithéâtre de la Faculté libre de théologie Protestante de Paris
83 Bd. Arago 75014 Paris. Métro Denfert-Rochereau ou Saint-Jacques.

Tous renseignements sur : http://www.casaplanete.com/casa_actualite.html

 

 

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